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Rapport du gérant d’affaires et secrétaire financier

11-07-2016

Printemps 2016

Négociations gouvernementales

Les négociations progressent très lentement. Deux ans après que le Secrétariat du Conseil du Trésor a envoyé un avis de négociation à la section locale, il n’est pas plus en mesure d’expliquer ses propositions faites au début des négociations. Des gens raisonnables pourraient être en désaccord sur les changements nécessaires (et nous croyons que des améliorations sont de mise), mais des gens raisonnables s’attendraient aussi à ce que le gouvernement prenne une décision. De tels retards ne sont avantageux pour personne.

Cette situation pose un problème pour nos membres et rend la tâche de notre équipe de négociation particulièrement difficile. Les membres n’ont pas eu d’augmentation salariale depuis presque trois ans. Cela s’explique par le fait que le gouvernement précédent avait lancé un projet voué à l’échec dès le départ, et que le gouvernement actuel ne sait pas trop quoi faire du chaos laissé dans son sillage. Vous avez hérité de cette affaire « Harper-Clement ».

Il s’agit également d’une situation très difficile pour l’équipe de négociation; elle sait que certains membres deviennent impatients. Il s’agit là d’un sentiment bien compréhensible et auquel il fallait s’attendre. Cependant, il n’y a pas de signal clair que les membres sont prêts à faire la grève pour parvenir à une convention collective, donc l’équipe ne peut que continuer à se rencontrer quand ses membres croient que des rencontres sont avantageuses. Nous n’avons pas accès à l’arbitrage exécutoire, donc l’issue de la présente ronde de négociations dépend strictement des membres.

C’est une mince consolation que nos membres soient dans le même bateau que tous les fonctionnaires. Aucune convention collective n’a encore fait l’objet d’une résolution. En outre, en raison des lois rétrogrades adoptées par les gouvernements précédents, les employés du gouvernement fédéral et leurs syndicats ont de moins en moins d’options qui n’entraînent pas de grève. Un tango se danse à deux et notre partenaire de danse n’a pas pris la peine de se présenter.

On pourrait croire qu’il soit miraculeux qu’on parvienne à faire avancer les choses à la table de négociations, pourtant, c’est le cas. Votre équipe de négociation a réussi à repousser certaines des propositions les plus flagrantes déposées initialement par le Conseil du Trésor. Bon nombre de ces propositions étaient des solutions à des problèmes qui n’existaient même pas. Cela se produit souvent lors des négociations et je tire mon chapeau au représentant de l’employeur d’avoir écouté la voix de la raison. Mais sans mandat pour discuter de tout élément important, bon nombre de vos propositions se trouvent encore en suspens. La question des congés de maladie a paralysé tous les décisionnaires principaux; ils ne savent pas trop quoi faire maintenant.

Votre équipe de négociation et moi persévérerons du mieux que nous le pourrons. Il y a toujours de nouvelles tactiques à tenter, différentes approches à considérer et de nouvelles façons d'attirer l'attention de l'employeur. Une solution honnête pour le Conseil du Trésor serait de laisser tomber la question des congés de maladie complètement en cette ronde de négociations. De toute façon, les économies prévues par le gouvernement conservateur étaient irréelles et nos membres continueront de se présenter au travail et de faire leur travail de façon professionnelle.

NAV CANADA

Il y a quelques semaines, j'ai mentionné que les membres de NAV CANADA avaient ratifié la proposition de prolonger leur convention collective d'une année, ce qui nous donne plus de temps pour mettre en œuvre les modifications du régime de retraite acceptées lors de la dernière ronde de négociations. Même si le Bureau du surintendant des institutions financières a suggéré qu'il rejetterait la proposition, un dépôt officiel de la modification du plan représente la dernière étape du processus.

Notre convention collective avec NAV CANADA se termine le 31 décembre 2017, mais il existe de bonnes raisons pour retourner à la table de négociation bientôt si la compagnie est prête à le faire. Tout d'abord, des négociations à l'automne 2016 me permettraient de prendre part à une dernière ronde de négociations avec NAV CANADA. Le fait de diriger ces négociations en collaboration avec le gérant d'affaires adjoint et un représentant d'affaires fait en sorte que le prochain gérant d'affaires, peu importe de qui il s'agit, pourra faire appel à des membres ayant de l'expérience pour les rondes de négociations futures.

Je crois en outre qu'il serait bon de reprendre les négociations bientôt afin de résoudre des problèmes que nous n'avons pas réussi à résoudre hors des négociations collectives. Par exemple, notre comité technique mixte (CTM) se démène, en ce sens que l'on vit des changements technologiques considérables et que les membres de la partie syndicale du CTM sont souvent les derniers à connaître les décisions des cadres supérieurs. Ces décisions ont des répercussions importantes sur la formation et la compétence, pourtant, nous sommes souvent les derniers à apprendre les nouvelles.

En fait, je ne suis pas certain que les cadres supérieurs des Opérations techniques comprennent bien la raison d’être du CTM. Il n'est pas uniquement un mécanisme de transmission d'informations... les courriels jouent ce rôle. Il s'agit d'un forum pour tenir des conversations au sujet de changements technologiques, de la façon dont ces changements peuvent affecter la main-d’œuvre et ce que tout cela signifie pour l'avenir des technologues à NAV CANADA. Une réticence à tenir des pourparlers à cet effet entre les négociations nous oblige à devoir négocier ces éléments.

Un problème semblable existe avec notre comité mixte de la sécurité et de la santé au travail. Bien que nous ayons fait des progrès dans l’année qui vient de s’écouler, il nous semble que la compagnie ne prend pas nos préoccupations au sérieux. Je crois qu'il y a une double explication pour cet état des choses. Tout d'abord, NAV CANADA croit que les normes minimales pour la SST, telles qu'elles sont stipulées dans la partie II du Code canadien du travail, sont suffisantes. Malheureusement, cette approche n'apporte rien à une bonne culture de santé et de sécurité au travail. Encore une fois, le fait de pouvoir écouter son homologue entre les négociations nous forcerait sûrement à soulever ces éléments pendant les négociations.

Il y a aussi des signes manifestes que NAV CANADA est prête à entamer les négociations cet automne. J'ai reçu une lettre de M. Neil Wilson, président et chef de la direction, qui ouvre la porte à cette possibilité. Souvenez-vous que le conseil d'administration de NAV CANADA a approuvé récemment une réduction temporaire et permanente des redevances, ce qui s'avère avantageux pour la clientèle, mais les compagnies aériennes ne représentent qu'un seul des quatre intervenants. S'il s'avère avantageux pour nous d’avoir part au rendement financier positif de NAV CANADA, nous devrons penser le faire.

Finances et administration de la section locale

La section locale a terminé l'année 2015 avec un surplus financier. Cela s'explique principalement par moins d'activités dans certains domaines, comme les rencontres des comités directeurs et l'absence du congrès du CTC en 2015. Il est fort probable que les dépenses augmentent en 2016, car nous tiendrons plus de réunions de négociations et il y aura un nombre accru d'audiences des commissions des relations de travail. Toutefois, ces activités n'affecteront pas la situation financière à long terme de la section locale.

En outre, les changements que nous apportons aux services administratifs du Bureau d'affaires importent encore plus que les résultats d'une année particulière. L'automne dernier, la section locale a engagé une nouvelle adjointe au secrétaire financier. Cet été, nous mettrons nos documents comptables en ligne, permettant ainsi aux signataires d'avoir un accès en mode consultation seulement aux documents financiers de la section locale quand cela s'avérera nécessaire et permettant aux dirigeants de préparer leurs propres rapports. Cette initiative s'inscrit à la suite de l'adoption récente de services bancaires électroniques pour le remboursement des frais de déplacement et le paiement d'autres factures courantes. Bien que le déroulement du travail soit légèrement plus compliqué et que les comptes créditeurs sont tout de même effectués toutes les deux semaines, les services bancaires électroniques ont réduit considérablement le temps qu'il fallait pour payer les factures et traiter les demandes de remboursements.

La grande majorité des membres ne remarqueront pas de différence, mais l'administration du bureau, comme toute pièce de machinerie complexe, nécessite des mises à jour et des mises à niveau périodiques. Tous les membres remarquent quand la machine tombe en panne.

Élections pour le congrès international

Cette année souligne le 125e anniversaire de la FIOE; il tombe sur une année de congrès. Afin de commémorer cette coïncidence, le congrès aura lieu là la FIOE a vu le jour : à St. Louis, au Missouri. Au moment où j'écris ces quelques lignes, les élections sont en cours, dans le but d'élire six délégués, en plus du gérant d'affaires. Les résultats seront affichés sur le site Web de la section locale le 1er juin. Bonne chance à tous les membres qui ont soumis leur candidature!

Affaires internationales

La section locale continue de prendre une part active aux activités de la Fédération internationale des électroniciens de la sécurité aérienne (www.ifatsea.org) et de la Fédération internationale des ouvriers du transport (www.itfglobal.org). La collaboration internationale entre les membres du personnel électronique pour la sécurité de la circulation aérienne (ATSEP) est plus importante que jamais. Il y a vingt-cinq ans, nous avons été témoins d'une tendance mondiale où les pays privatisaient leur système de navigation aérienne. Le Canada a en effet pris part à cette tendance en 1996. La gestion d'un système de navigation aérienne fait maintenant l'objet d'un secteur d’affaires mondial. Ne trouvez-vous pas ironique que la Deutsche Flugsicherung (DFS) (soit le service de la navigation aérienne de l’Allemagne) a battu son homologue britannique NATS dans une soumission pour gérer les services de la circulation aérienne à l'aéroport de Gatwick à Londres? Je suis convaincu que ce n'est qu'un début. On peut facilement imaginer un monde ou les fournisseurs de services de navigation aérienne donnent ces services en sous-traitance régulièrement. Les employés pourraient bien traverser les frontières tout comme le fait la circulation aérienne. Cela signifie que les normes internationales de compétences (et d'homologation) deviendront plus importantes que jamais; c'est pourquoi la FIOE et l'IFATSEA jouent un rôle de premier plan dans le développement des programmes de formation avec l'OACI.

Parallèlement à ces tendances, nous constatons des progrès importants dans le domaine de la technologie du contrôle de la circulation aérienne. En février, j’ai assisté à un congrès sur les « tours à distance ». Nous avons assisté à des présentations de la part de deux des principaux fournisseurs de cette technologie : Saab SENSIS et Searidge Technologies. Ces technologies concurrentielles se fient à des réseaux de données haute vitesse et à des caméras à haute résolution pour simuler un milieu de tour de contrôle. Voilà un autre exemple de technologie pertubatrice, en ce sens que les exploitants d’aéroports nécessitant des tours de contrôle ont maintenant une option différente des installations physiques traditionnelles. Cette technologie est déjà en usage en Europe.

Rémunération – personnel du Bureau d’affaires

À la présente assemblée du Conseil exécutif, je déposerai un rapport sur les rémunérations du gérant d’affaires (GA) et du gérant d’affaires adjoint (GAA). Mes recherches confirment ce dont je me doutais depuis un petit moment, soit que la section locale 2228 n’offre plus de salaires compétitifs comparativement à nos membres qui sont les mieux payés. Cela n’a pas toujours été le cas, mais la formule d’équivalence adoptée en 1997, après la création de NAV CANADA, accompagnée d’augmentations considérables et de primes versées à nos membres qui travaillent chez NAV CANADA, a fait baisser les rémunérations du GA et du GAA. Par exemple, le salaire de base (à l’exclusion des heures supplémentaires et des primes) d’un technologue principal à NAV CANADA (ANS-TEC-3) dépasse maintenant le salaire intégral d’un GAA ou d’un représentant d’affaires (qui n’ont pas le droit d’accumuler des heures supplémentaires). De plus, il est estimé que près de 50 % des membres de NAV CANADA (de niveaux ANS-TEC-1 et plus élevés) gagnent plus qu’un GAA ou qu’un représentant d’affaires si l’on tient compte des primes et des heures supplémentaires. Bref, un examen et un redressement des salaires sont de mise.

Comme tout employeur, votre syndicat doit tenir des concours pour des postes à pourvoir et désire obtenir la candidature de personnes motivées qui sont prêtes à travailler en votre nom. Des représentants à temps plein acceptent des tâches difficiles, sans avoir accès aux primes comme les heures supplémentaires, tout en assurant la résolution de conflits de travail et en répondant généralement à vos besoins. Ce n’est pas un emploi de 9 à 5, mais une préoccupation 24 h par jour et 7 jours par semaine! Il n’est jamais facile de trouver des personnes qualifiées pour faire ce travail, mais quand des employeurs offrent sensiblement le même salaire avec des heures de travail plus stables, ainsi que l’option d’accumuler des heures supplémentaires, de bénéficier de primes de compétence et de primes de disponibilité, pour n’en nommer que quelques-unes, il s’avère alors plus difficile de trouver des représentants syndicaux qualifiés à temps plein. De plus, en ce qui concerne les personnes qui occupent des emplois hautement spécialisés et techniques comme les membres de notre syndicat, cela présente un certain problème, puisque la section locale (soit les membres) exige que ces personnes mettent leur carrière technique entre parenthèses. Tout le monde n’est pas nécessairement prêt à se plier à ce genre de situation. Le bassin de candidats possibles est déjà restreint; il ne faudrait pas que nos politiques salariales le réduisent davantage.

Heureusement, nous avons maintenant l’occasion (limitée) de prendre une décision sans conflit d’intérêt réel ou apparent pour les personnes qui pourraient bénéficier du changement. L’augmentation n’entrerait en vigueur qu’en juillet 2017 (après les prochaines élections de la section locale) et comme vous le savez, j’ai déjà annoncé mon intention de prendre ma retraite à la fin de mon mandat actuel. Quelle chance unique pour moi d’offrir recherches, données et conseils indépendants au Conseil exécutif! Mon objectif est de mettre en place les nouveaux règlements d’ici la fin de l’année civile afin que les questions salariales soient réglées avant l’appel de candidatures de mars 2017.

Une trousse d’information détaillée expliquant les antécédents de notre formule de rémunération, les indices de référence utilisés pour déterminer la nouvelle formule, ainsi que la motion précise faisant l’objet d’un vote vous sera diffusée au moment opportun. Il y aura beaucoup d’information à digérer, mais les membres auront la chance de tenir un débat complet à leurs réunions d’unité.

Je suis conscient que cet enjeu arrive à un moment difficile pour les membres qui s’efforcent de parvenir à une entente avec le gouvernement. Mais le problème décrit ci-dessus dépasse tout employeur ou convention collective. Cette décision n’a rien à voir avec les problèmes immédiats auxquels font face des groupes de membres en particulier, elle a plutôt trait aux ressources dont le syndicat doit disposer pour engager (et élire) les meilleurs représentants possible pour les vingt prochaines années ou plus.

Le tout respectueusement soumis,